Prof. Makoala V. Marake
Les délégués de l’Assemblée de Gaborone (Assemblée de la CVX en Afrique – Gaborone 2025) sont arrivés des quatre coins du continent africain pour se rassembler autour d’un thème commun : « Être pèlerins, leaders et témoins d’espérance dans l’Afrique d’aujourd’hui », et ont été appelés à prier pour la grâce : « Rester fidèles à notre charisme commun »
Nous nous sommes réunis dans la salle de l’assemblée de la Maison de Retraite Ave Maria pour la cérémonie officielle d’ouverture. Les délégations se sont présentées avec solennité, vêtues de leurs splendides tenues nationales et portant leurs drapeaux colorés. L’ouverture a été magnifiquement ponctuée par une célébration eucharistique présidée par le P. José de Pablo, Assistant Ecclésiastique Adjoint de la CVX mondiale. Le programme de la semaine était riche et intense, débutant chaque jour par la prière du matin, une marche des pèlerins accompagnée de conversation spirituelle, et se clôturant chaque jour par une célébration eucharistique animée par une diversité culturelle et une inspiration spirituelle.
a) Contempler notre expérience CVX de l’Espérance vécue dans l’Afrique d’aujourd’hui
Cette étape a commencé par l’envoi des délégués pour explorer l’histoire sacrée de leur parcours personnel en tant que CVX, ainsi que celles de leur communauté nationale. L’introduction à cet envoi portait sur l’importance de raconter nos histoires dans le charisme ignatien.
Dans nos conversations spirituelles, nous avons cherché à discerner les défis et les espérances qui ont façonné nos parcours en CVX, et ce à quoi l’Esprit nous invite à prêter attention à travers les récits entendus : espoirs, défis, et pistes pour l’avenir. En ce qui concerne les expériences de nos communautés nationales, nous avons réfléchi à notre vécu communautaire, en nous concentrant sur : la participation des membres, les engagements formels, la formation, les frontières apostoliques, la communication, les relations avec la Compagnie de Jésus, et la coresponsabilité financière.
Nous avons ensuite fait une « marche d’empathie » pendant laquelle, à partir de ce que nous avons entendu, nous avons réfléchi à ce que nous nous sentions appelés à remarquer ou à prioriser, et aux actions concrètes que nous pouvions entreprendre en réponse. L’un des appels majeurs qui a émergé pour la CVX en Afrique est l’engagement concret envers les jeunes et les familles, accompagné d’un fort sens de la coresponsabilité financière et de la durabilité.
b) Renouveler notre espérance en puisant aux sources du charisme CVX
Le P. José de Pablo nous a guidés dans nos réflexions et notre discernement sur la spiritualité ignatienne comme semence d’espérance chrétienne. L’Assemblée a approfondi comment la spiritualité ignatienne peut nourrir l’espérance en Afrique aujourd’hui, à travers : la prière, le discernement, et l’action engagée. À travers les conversations spirituelles, nous avons discerné un éveil de l’espérance en nous, et réfléchi aux lieux de nos vies personnelles et professionnelles où cette espérance devait être ravivée.
Nous nous sommes sentis particulièrement appelés à explorer des moyens concrets par lesquels la CVX en Afrique peut nourrir l’espérance chrétienne, spirituellement et pratiquement. Inspiré par le P. Virgilio sur le modèle de la synodalité dans l’Église en Afrique, nous avons senti un profond appel à considérer la collaboration dans la prise de décision. Il nous a invités à explorer comment un discernement inclusif et guidé par l’Esprit renforce la vie de l’Église et des communautés, et comment la CVX peut incarner cet esprit synodal.
c) Manières de réformer notre façon de vivre l’Espérance
L’Assemblée s’est réunie symboliquement en palabre sous l’ombre fraîche d’un baobab, animée d’un désir profond de réformer notre manière de vivre l’espérance.
Nous avons réfléchi aux défis contemporains liés aux structures de la CVX au service du discernement pour la mission, avec Chris Micallef, Président mondial de la CVX. Il a souligné la nécessité de maintenir une tension saine entre structure et discernement pour la mission, précisant qu’avec un bon équilibre, la structure peut soutenir la vie.
La CVX en Afrique a été interpelée à discerner quelle structure est nécessaire aujourd’hui, en particulier : comment la structure régionale peut soutenir le discernement communautaire et la mission commune, et comment nous organiser pour nous connecter, communiquer et collaborer en vue de la mission.
d) Apports essentiels à l’orientation du processus
Le processus de l’Assemblée s’est appuyé sur les Conversations Spirituelles, enrichies par des interventions clés, des temps de réflexion personnelle, des partages en petits groupes et des séances plénières de restitution. Makoala Marake a rappelé l’importance de raconter nos expériences dans le charisme ignatien, tandis que Catherine Waiyaki a approfondi le processus de la conversation spirituelle. Ces deux contributions ont permis de relier le processus et le sens profond du partage de nos récits personnels et communautaires. L’inspiration de la « Marche d’empathie », proposée par Norah Sichilongo, a conduit l’Assemblée à un discernement critique des priorités apostoliques auxquelles la CVX en Afrique se sent appelée.
L’ancrage spirituel du pèlerinage a été renforcé par l’intervention du Père Minaku SJ, Président de la Conférence Jésuite d’Afrique et de Madagascar. Dans un ton prophétique, il a souligné que la CVX peut aider chacun à faire entendre sa voix dans divers espaces, s’inspirant de l’histoire de Job pour illustrer comment les conversations spirituelles avec Dieu contribuent à façonner l’individu comme clé de toute vie spirituelle. Il a attiré l’attention de l’Assemblée sur l’histoire commune du Lesotho et du Botswana, où la CVX est née et a évolué sans la supervision directe des Jésuites, mais sous la guidance de prêtres diocésains et oblates.
Según el Padre Minaku, esto es un testimonio vivo de cómo la espiritualidad ignaciana puede diversificarse y compartirse con todos. Apoyó con fuerza la misión con la juventud como frontera apostólica, y proyectó el futuro de la Iglesia y de la CVX en las manos de los jóvenes, subrayando la responsabilidad de las comunidades de apoyarles y ayudarles a transmitir la tradición de la CVX.
e) Témoignages d’Espérance au cœur du désespoir
Alors que beaucoup d’entre nous se sentaient oppressés par les tragédies politiques, économiques et environnementales qui frappent notre Mère Afrique, trois pèlerins —Pius Mokgware (Ministre du Travail et des Affaires intérieures du Botswana), André Bion (CVX Cameroun) et Robert Bayigamba (CVX Rwanda) ont ravivé en nos cœurs la vision d’Ézéchiel sur la vallée des ossements desséchés (Ézéchiel 37, 1-14).
L’Assemblée de la CVX en Afrique – Gaborone 2025 e a été profondément touchée par ces témoignages d’espérance, symboles puissants de la promesse prophétique de Dieu de restaurer une Afrique spirituellement et socialement désolée, pour en faire une communauté vivante de pèlerins, de leaders et de témoins d’espérance. Dans un esprit prophétique à la manière d’Ézéchiel, ces pèlerins ont insufflé une vie nouvelle à nos réalités nationales assombries, annonçant la restauration de notre chère Afrique et notre renouveau spirituel par la puissance de Dieu et l’action de l’Esprit Saint.
Clôture de l’Assemblée
L’Assemblée de la CVX en Afrique – Gaborone 2025 s’est conclue par plusieurs décisions clés : Un groupe de travail spécial a été mandaté pour revoir la structure organisationnelle de la région, dans un délai de six mois. L’équipe actuelle de coordination régionale a reçu le mandat de continuer à accompagner la Région Afrique jusqu’à l’adoption d’une nouvelle structure et l’organisation d’élections, si possible lors d’une Assemblée élective extraordinaire en ligne. Enfin, l’Assemblée a adopté une déclaration et désigné une équipe chargée de finaliser la rédaction, en intégrant les commentaires reçus.






